30/11/2006

FREDO

F

rédéric François

Bio

Sous un ciel bas et lourd, transpercé de bourrasques, une vieille locomotive à vapeur entre en gare en s’époumonant. Cette gare du bout du monde est l’ultime station d’un itinéraire qui nous a amenés, nous les émigrants siciliens du petit village de Lercara Friddi, jusqu’en Belgique.

Nous sommes le 5 octobre 1951. J’ai 1 an et demi. Ma mère Nina me tient dans ses bras. Mon frère aîné Rosario est à côté de nous. Nous regardons tous les trois par la vitre ouverte. Mon père Peppino, qui travaille dans une mine de charbon depuis trois ans, nous attend sur le quai de la gare. Cette station, c’est les Guillemins, à Liège, au cœur noir du bassin houiller. C’est la première étape d’une vie qui m’apparaît encore aujourd’hui comme totalement inespérée.

 

 

Tu sais bien que je t'appartiens

Les mauvaises langues diront que Frédéric François est exclusivement un chanteur pour femmes démodé. Il faut pourtant lui reconnaître une étonnante longévité qui n'a d'égale que sa manière bien à lui de charmer, par sa voix, par ses chansons ou par son sourire

De la Sicile à Liège

Comme nombre de ses compatriotes d'origine italienne, le petit Francesco Barracatto trouvera en Belgique une vraie terre d'adoption (Adamo ou Claude Barzotti suivront le même chemin).

Né en Sicile, près de Palerme, le 3 juin 1950, il quitte très tôt son pays pour la région de Liège, pays minier qui offre à de nombreux immigrés travail et accueil. S'il n'a qu'un an et demi lors de son exil, Francesco restera très attaché à sa terre natale et ne cessera à travers son art de lui rendre hommage (comme lorsqu'il interprète 'Les plus belles chansons napolitaines' ou 'Les plus belles chansons italiennes').

Toute la famille Barracatto quitte donc le petit village de Lercarra Fridi le 5 octobre 1951 pour le plat pays. Son père Peppino avait précédé sa femme Nina et leurs deux garçons, Rosario et Francesco, et travaillait dur dans une mine de charbon. Six autres enfants verront le jour.

De cette vie difficile, le petit immigré gardera pourtant un merveilleux souvenir. Son père anime la maison familiale de sa voix forte et donne à son fils le goût du chant et de la musique. A l'âge de douze ans, Frédéric-Francesco s'achète une guitare et suit les traces de son père, chanteur à l'occasion dans les cabarets, le soir après la mine.

Après de nombreuses tentatives de groupe, toutes aussi rapides les unes que les autres, le jeune homme obtient la permission de s'inscrire au Conservatoire de Musique. Il y joue du violon, et y apprend le chant. Extrêmement doué, le succès ne se fait pas attendre.

Remarqué par Lucien Morisse, producteur à Europe 1, il remporte de nombreux prix dont celui du Microsillon d'Argent du Festival de Châtelet en Belgique. Puis il enregistre ses premiers 45 tours, tout d'abord sous le nom de François Barra puis sous le nom définitif de Frédéric François.

Chansons d'amour

Nous sommes en 1970 et le jeune homme croit dur comme fer en son étoile. Je n'ai jamais aimé comme je t'aime est son premier succès en 1971 et scelle le style Frédéric François: des chansons d'amour, interprétées d'une voix chaude et colorée (la mode des chanteurs méditerranéens bat son plein).

Très vite, il est célébré dans toute la France. Chacun de ses disques conquiert un public largement

 

féminin et lui permet de s'exporter facilement. Dès lors, les frontières ne lui résistent plus. Ses tournées le mènent au Canada, en Suisse, en Belgique où l'on reprend en choeur ses plus grands tubes: Mon coeur te dit je t'aime, Chicago, Je t'aime à l'Italienne, Fou d'elle, On s'embrasse on oublie tout, ...

Ses plus beaux spectacles ont lieu sur la mythique scène de l'Olympia, qu'il foule à de nombreuses reprises et dont sont issus certains de ses albums "live" (dont les vidéos Olympia 94, 96 ou 98).

Etrangement, Frédéric François n'est pas un chanteur à la mode, mais appartient à toutes les générations depuis plus de trente ans. Une éternelle reconnaissance due au charisme et à la simplicité de ce père de quatre enfants (Gloria, Vincent, Anthony et Victoria) qui, en dehors des studios ou des médias, reste un homme ouvert, chaleureux et honnête. Fidèle aussi, tant à ses origines italiennes qu'à ses convictions - il chantera même devant le Pape en 1996.

En toute simplicité, ce crooner italo-belge collectionne les disques d'Or et de Platine, sans jamais sombrer dans l'outrance. Chanteur pour femmes, sans doute, ces femmes qui sont son plus fidèle public et à qui il rend, à travers sa carrière, un fabuleux hommage.

Bienvenue à LA LOUVIERE LE 15  et  le 16 décembre   JMP

 

13:13 Écrit par STAR dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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